Flores Août 2009

Et les dragons de Komodo

 

Nous souhaitons dédier ce récit à la mémoire de Yovita que nous avons rencontrée avec son mari et son petit garçon, dans un bus pour Ruteng. Elle nous a fait découvrir sa ville et un courant est vraiment passé entre nous.

Nous souhaitons dédier ce récit à la mémoire de Yovita A notre retour, nous lui avons fait parvenir des photos avec notre adresse E-mail, au cas où ... Puis en cours d'année une bénévole humanitaire australienne, Rachelle, nous a contactés et nous a proposés de communiquer avec Yovita par son intermédiaire pendant les 10 mois qu'elle passait à Labuanbajo. Nous avons donc gardé contact.

Malheureusement, fin août, nous avons appris le décès de Yovita suite à un cancer du foie foudroyant. Cette nouvelle nous a beaucoup touchée : Yovita avait 25 ans, de l'ambition et des projets.

Pourqu'oi Florès ?

On voulait changer de continent ; Jean-Jacques avait suggéré Madagascar ; j'ai refusé de faire un  voyage-galère 2 ans de suite. les autres pays africains ne nous tentent pas pour l'instant. Beaucoup de pays d'Asie nous attirent mais à cette période, il y a la mousson donc l'aiguille de la boussole s'est orientée à nouveau sur l'Indonésie ; avec ses milliers d'îles de cultures différentes nous avons l'embarras du choix. Nous optons pour une île de la Sonde, Florès, ancienne colonie portugaise de confession catholique pour la majorité des habitants.

Départ le vendredi 31 juillet, je suis plus "cool" cette année car il n'y aura pas le stress de la rentrée vu que je serai en retraite. Le trajet s'effectue en plusieurs étapes : RER jusqu'à Lyon, TGV jusqu'à Roissy-Ch. de Gaulle, Dubaï, arrivée à Jakarta. On est beaucoup plus décontracté qu'il y a 2 ans ; on fait le visa puis on enchaîne par un vol pour Bali ; par contre cela s'avère plus compliqué pour réserver un vol pour Florès, on verra plus tard.

Bali Sanur

Sanur est une bonne étape pour récupérer de la fatigue du voyage et se replonger dans l'ambiance balinaise. Notre priorité est de trouver un vol pour Florès assez rapidement. Finalement, on prend l'aller avec la compagnie Merpati et le retour avec Trans Nusa afin d'avoir des dates qui nous conviennent ; de toutes façons, ces 2 compagnies sont sur la liste noire, nous n'avons pas le choix.

Carte de notre parcours à Flores

Florès

 

A l'Est de Lombok, les petites îles de la Sonde révèlent un tout autre visage de l'indonésie. Des paysages arides entrecoupés de volcans actifs et de forêts touffues, des plages brulées par le soleil avec des fonds marins parmi les plus beaux au monde, des peuples oubliés du monde moderne, sans oublier les fameux lézards géants de komodo qui nous ramènent 25 millions d'années en arrière.

Labuanbajo

Labuanbajo Mardi 4 août (encore un anniversaire à l'autre bout du monde), on prend l'avion et après 2 heures de vol, on découvre un paysage désertique, écrasé par la chaleur. Les chauffeurs de taxi haranguent les touristes ; Philippus, très exubérant, coiffé à la "Jackson five" nous conduit "Chez Félix": un hôtel que nous avons choisi pour sa vue imprenable sur la baie, mais qui applique des prix prohibitifs (200 000RP) vu le confort et par rapport à ce que l'on nous avait annoncé  ; il est vrai que c'est la loi de l'offre et la demande. Philippus ne nous lâche pas ; il veut tout nous vendre, tout de suite : excursion en bateau pour Rinca, traversée de Florès avec chauffeur etc.. ; on écoute ses propositions mais on prend le temps de la réflexion à son grand dam. labuanbajo040

On descend en ville, la chaleur est accablante : peu de touristes mais beaucoup d'échoppes qui proposent des circuits de toutes sortes, les rues sont sales, et les habitations sont très basiques. L'ambiance est très différente de Sanur. On trouve un office tenu par un jeune sympathique, Marcellinus ; on conclut avec lui pour une journée de bateau et la visite de l'île de Rinca et ses dragons (varans géants) ; Philippus apparaît et lorsqu'il comprend que nous avons fait affaire pour un prix plus intéressant, il est vert ! On découvre beaucoup de prénoms à consonnance occidentale du fait de l’utilisation du calendrier catholique.

Les dragons : portent le nom de dragons de Komodo car ils ont été découvert sur cette île ; on peut aussi en voir sur  l'île de Rinca qui a l'avantage d'être à proximité de Labuanbajo, la savane permet une meilleure observation des animaux qu'à Komodo qui a un couvert forestier et il y a moins de touristes car les bateaux de croisière ne peuvent pas s'arrêter à Rinca.

Dragons de KomodoLe lendemain, on prend le bateau avec 2 jeunes français, Sylvain et Marie. Au cours de la traversée, on a la chance de voir des dauphins, c'est superbe ! Après 2h30 de navigation , on accoste sur l'île de Rinca où on est pris en charge par un jeune rangers de 16 ans qui prend son rôle très au sérieux pour nous protéger des dragons. Ils ont l'air repus et endormis mais il faut se méfier de l'eau qui dort ; en effet, on a pu constater leur rapidité et ce sont de dangereux prédateurs. On a  aussi observé des buffles et des singes. Ensuite, on reprend le bateau et on s'arrête sur un spot de plongée où on fait du snorkelling ( masque et tuba) ; on apprécie de plonger pour se rafraîchir, puis le spectacle sous l'eau est magique : des centaines de poissons multicolores, par bancs ou solitaires ; on se croirait dans un aquarium géant. Chez Félix

Jeudi 6 août : on prend un moment pour prévoir notre itinéraire et notre budget pour les 14 jours qui nous restent sur Florès ; mais la grande question est de savoir quel moyen de transport nous allons utiliser.  En effet, plusieurs jeunes voyageurs nous ont déconseillé de prendre les bus locaux : soit ils nous prennent pour des vieux, soit ils sont un peu trop exigeants ; l'autre alternative préconisée est la voiture avec chauffeur ; on met en balance la différence de prix, le trajet partagé avec les locaux, le fait que l'on n'a pas envie de faire le trajet en 4 jours ; mais Jean-Jacques ne veut pas me dégoûter. Finalement on opte pour une alternative pour la première étape : le Bajo-express, un minibus confortable qui ne prend les passagers que sur réservation (donc pas de surcharge). L'après-midi, on explore un quartier de pêcheurs ; les locaux sont très souriants. A Labuan, ils sont majoritairement musulmans et tous les matins à 5 heures, on est réveillé par l'appel du muezzin.

RUTENG : Région de l'ethnie Manggarai

ruteng019On est les premiers pris en charge ; donc on fait le tour de Labuanbajo pour prendre les autres passagers et le chauffeur en profite pour faire 2 ou 3 courses. On partage le véhicule avec une famille indonésienne ; il y a la grand-mère Cécilia, Melchior et Yovita et leur petit garçon de 3 ans Orthon ; il y a aussi un couple d'américains et leur fils de 12 ans ; on finit par comprendre qu'ils ont demandé à Yovita d'aller passer 2 jours dans sa famille : pour Yovita, c'est une opportunité mais elle a visiblement beaucoup de mal à les supporter (nous aussi) et une certaine connivence s'établit entre nous 2. Elle nous propose de se joindre à eux le lendemain pour nous faire découvrir les environs de sa ville ; elle n'a pas très envie de se trouver toute la journée en tête à tête avec eux. On pose nos bagages au Rima hôtel une sorte de chalet suisse très accueillant, puis on se rend au centre ville. Ruteng

En général, les touristes passent juste une nuit, donc les habitants ne sont pas blasés : ils quêtent un regard ou un sourire auquel ils répondent spontanément. Il faut savoir que Ruteng est une ville se trouvent de écoles supérieures de commerce et de tourisme. Donc on rencontre de nombreux étudiants qui nous abordent sur le marché ; ils ont pour consignes de parler avec les touristes pour perfectionner leur anglais ; on doit d'ailleurs émarger leurs cahiers ; ils nous posent des questions, toujours les mêmes : notre nom, d'où on vient... A un moment, on a toute une cour qui se déplace avec nous qui est aux petits soins pour demander les prix, pour nous faire traverser et bien sûr séance photo obligée. C'est sympathique !

Le soir, on discute avec un couple de français qui a eu des déboires avec son chauffeur, ce qui nous conforte dans notre choix de transport.

  Le lendemain, journée touristique aux alentours de Ruteng : la colline de Gola Curu qui offre un beau panorama et  des champs de riz en forme de toiles d'araignée (très spectaculaire). Après cette journée de partage, Yovita est très émue au moment de se quitter et on s'étreint affectueusement après qu'elle m'ait donné son adresse  pour que je lui envoie des photos.

BAJAWA

Bajawa Ce matin, le réveil n'a pas sonné ; debout à 6h30 pour partir à 7h ; d'habitude les bus sont toujours en retard mais là, forcément, il est en avance c'était chaud ! En plus, la nuit a été bruyante : chiens qui se battaient, muezzin, les cloches, les coqs ... mais pas le réveil !

Après le premier trajet avec barjo-express (non, non il n'y a pas erreur), nous faisons 4 heures de route avec, au volant, un Schumacher qui fume, téléphone, change les cassettes de musique tout en conduisant ; inutile de dire que moi j'ai serré les fesses tout le long et les indonésiens devant nous, n'ont pas arrêté de vomir ; pas question de s'arrêter, ils vomissent dans un sac ( très prévoyants ) qu'ils  jettent par la fenêtre. On arrive au Korina; la chambre est correcte mais l'atmosphère est froide, comme l'eau de la douche d'ailleurs. Sur le chemin du marché, on croise un guide (Florian) qui nous propose un tour dans les villages traditionnels pour le lendemain (500 000Rp). Le soir, on va manger chez Luka, restaurant sympa que l'on pourrait appeler "le coin des français". bea

Le lendemain, Florian vient nous chercher en bémo puis nous prenons 2 hollandais, 1 américain et une famille française sympathique que nous avons beaucoup appréciée tout au long de la journée, Nelly, Philippe (mon traducteur officiel) Clémentine et Vincent. Florian est un guide fier de sa culture et enthousiaste pour nous la faire partager ; on visite 2 villages traditionnels avec leurs totems, hors circuit touristique. On rejoint les villages à pied, sur des sentiers à travers la jungle ; Florian nous fait découvrir les plantes, les fruits, les odeurs : café, clous de girofle, vanille, camphre, cannelle, cacao ... Ensuite, on se rend à Béna qui est le village traditionnel touristique le plus visité ; il n'y a plus d'authenticité, mais la structure du village est intéressante et permet de belles photos. Florian nous emmène dans son village "Langa", chez lui, où sa femme nous a préparé un super repas. Il est 16 heures et la journée n'est pas finie ; le chauffeur du bémo nous emmène à des sources d'eau chaude. Quand on arrive, il fait nuit ce qui rend l'atmosphère particulière ; l'eau est à 40 degrés, ça change des douches froides dans les hôtels. Au retour, on aperçoit un attroupement que notre chauffeur estime menaçant,comme d'autres chauffeurs d'ailleurs,  car il éteint ses feux, fait marche arrière et prend un chemin de terre pour contourner le groupe ; puis par téléphone, il avertit ses collègues ; on pense qu'il a joué la carte de la sécurité et vu comme ils manient la machette ici, il valait mieux ; c'était sans  ]doute une bagarre entre 2 groupes, mieux valait ne pas se trouver au milieu ; plus loin, on a croisé un convoi de 5 voitures de police toutes sirènes hurlantes.

Bena Florian nous a invités au mariage de sa cousine dont le père est un homme-médecine réputé. Donc le lendemain matin, on prend un bémo; comme c'est le même chauffeur que la veille, il nous emmène directement à la maison de Florian ; sa femme est surprise et nous dit qu'il est à Bajawa. En fait, on comprend que le matin c'est la cérémonie dans la stricte intimité familiale et que les invités (plusieurs centaines) sont attendus à partir de 14h pour partager le repas auquel ils contribuent en apportant de la nourriture (un cochon par exemple).

On revient à Bajawa et on change notre programme.On va en excursion en direction d'un volcan ; sur le trajet, devant une maison, on est interpelé par un groupe d'indonésiens qui s'enquièrent de notre destination ; apparemment c'est plus loin que ce que l'on pensait ; l'après-midi est déjà bien avancé, ils nous proposent de nous asseoir et nous offre du maïs grillé. Avec les quelques mots d'indonésiens que l'on connaît, plus le lexique, on arrive à échanger sur nos enfants, nos âges ; ils essaient nos lunettes ; on offre des cigarettes et un briquet pour les hommes ; je décline l'offre des femmes de me faire mâcher du bétel. la bonne humeur règne ; on finit par une séance photos et la promesse de leur envoyer les photos à notre retour. Une des femmes  propose de nous accompagner pour le retour ; en fait, elle nous emmène chez elle, nous présente le patriarche, son mari et ses enfants puis re-séance photos avec un autre voisin qui propose de nous accompagner ... Finalement on revient à l'hôtel enchantés de ces rencontres et de ces échanges. On se met en quête d'un bus pour Riung sur la côte nord à 72 km de Bajawa ; mais ici on ne compte pas en km mais en heure de trajet soit 5 heures.

Bémo : Camionnette munie de deux bancs, constitue un moyen de transport très économique. Il peut charger 10 personnes mais le chauffeur, en accepte souvent jusqu'à 17 avec leurs bagages, volailles et poissons.

RIUNG

Riung Le bus nous prend à 10 h ; génial, on va arriver tôt ; mais c'est sans compter sur la méthode locale : on tourne 2 h dans la ville avec 2 stops sur le marché où le chauffeur fait des courses pour des habitants de Riung, plus 2 passages au garage ; entre autre pour charger un réservoir d'essence après que Jean-Jacques ait signalé une fuite ; mais pas question de le changer avant qu'il ne rende l'âme. La fin du trajet est assez éprouvante, la route est défoncée, les freins on n'en parle pas, on finit par arriver à 17h. Chauves-souris géantes

C'est un petit village de pêcheurs ; on trouve une chambre dans l'hôtel Bintan qui a ouvert depuis peu ; donc tout est en excellent état : douche, tuyauteries, sommier et matelas, clim ( dommage qu'elle ne fonctionne pas ) ; de toute façon, il n'y a pas d'électricité ; un groupe électrogène fonctionne à partir de 18h.

On a RV avec 2 couples de hollandais pour une journée bateau sur les îles. on fait du snorkelling depuis une plage ; c'est clair qu'après Labuanbajo, les fonds sont un peu décevants. pendant que l'on farniente sur la plage, notre guide, le capitaine du bateau et son neveu nous préparent un barbecue à la Robinson Crusoé. C'est un véritable festin : gros poissons grillés, riz, nouilles, ananas, mangue et pastèque. On repart pour un spot de plongée puis direction l'île aux chauves-souris géantes : la quantité est impressionnante. Retour à l'hôtel enchantée par cette journée ; Jean-Jacques est plus mitigé car il a du mal à traîner sur les plages : chacun son plaisir !

Chauve-souris géante Le soir, toutes les écoles défilent aux flambeaux jusqu'au stade où il y a une cérémonie pour les célébrations de l'indépendance ; comme il faisait nuit noire (pas d'électricité) c'était impressionnant. Dans une cour d'école, on a vu des abris de fortune, bâches, où des jeunes préparaient leur repas et vraisemblablement y dormaient ; on en a conclu que c'était l'internat !

Chauves-souris géantes : C'est le plus grand mammifère volant. Voir voler une roussette géante est véritablement un spectacle impressionnant. Figurez-vous une chauve-souris ayant des ailes dont l'envergure atteint 1,70 m, et même plus encore! C'est un véritable géant parmi les chiroptères, dont la grande majorité des espèces n'ont qu'une taille et une envergure fort modestes. La roussette géante est particulière à l'Indonésie et les îles de la Sonde constituent son domaine.

 

MONI

Moni Après 6h de trajet, toujours en bus local, on arrive à Moni, petit village touristique grâce au volcan Kélimutu ; d'ailleurs tous les habitants essaient d'en tirer partie; et comme c'est la fin de saison, ils essaient de tirer le maximum. On trouve  un hébergement plus facilement que l'on pensait, dans une homestay chez Ibuh Maria, qui est une maîtresse femme ; elle  propose de nous concocter un repas traditionnel ; au départ, on était un peu sceptique mais on n'a pas été déçu, c'était délicieux ; en fait, des plats que l'on n'avait jamais mangé dans les restos : Monicake, poulet mariné dans du lait de coco, riz arrosé de légumes baignant dans du lait de coco et pour finir, une assiette de fruits frais ; ha ! je vous mets l'eau à la bouche ! Même Jean-Jacques s'est régalé ! Kelimutu

On s'est mis d'accord avec les hollandais de Riung pour chartériser un bémo pour monter au Kélimutu. Un conseil : ne pas hésiter à partir très tôt (les nuages arrivent très vite) pour profiter de la vue sublime ; 3 lacs de cratère de couleurs différentes selon les émanations qui proviennent du volcan ; lors de notre séjour, 2 étaient bleu-turquoise et le 3ème marron-noir. quelques années plutôt Christian et Sylvie les ont vus de 3 couleurs différentes. On redescend à pied en prenant un sentier qui mène à un village ; rien n'est indiqué mais il y a toujours quelqu'un pour nous montrer le chemin ; on passe vers une maison où plusieurs villageoises sont en train de tisser leur ikat (pièce de tissu).

Kelimutu : Sur les 150 volcans actifs que compte l’Indonésie, l’île de Flores peut se vanter d’en posséder 13. Si son activité volcanique lui a donné son nom (les premiers colons portugais l’ayant baptisé « Fleur » en hommage à la fertilité de ses sols), c’est elle qui aujourd’hui lui assure sa renommée. En effet, la plupart des voyageurs se rendent sur cette petite île de la sonde pour découvrir la magie du Kelimutu, un des volcans les plus visités d’Indonésie malgré sa situation excentrée. L’intérieur du cratère du Kelimutu cache un véritable trésor naturel : trois lacs aux couleurs éblouissantes qui changent selon les années en fonction de la composition chimique des eaux sans que nul ne sache en prédire les variations..

Craignant de ne pas trouver de bus lundi car c'est l'Indépendance Day, et comme l'ambiance à Moni nous pèse un peu à cause des sollicitations, on décide de partir pour notre dernière étape.

MAUMERE

Maumere Philippe et d'autres routards nous avaient chaudement recommandé comme hébergement "Sunset Cottage" à l'est de Maumere sur la route de Larantuka. Après plusieurs tentatives, on trouve un conducteur de bemo qui accepte de nous prendre en le chartérisant, sans trop savoir où il doit nous emmener ; on finit par arriver à bon port ; il nous pose au bord d'un chemin ; on parcourt 500m et on arrive au paradis : une dizaine de paillotes au bord de la mer, sous les palmiers et un accueil très sympathique par Henry et sa femme. On a de la chance, il y a de la place ( souvent les gens passent une nuit sur la plage ) ; en plus, on a le choix, on opte pour le bungalow le plus luxueux (150 000 Rp≈10€). On va se poser un peu.

  17 août on se rend dans un village situé à 4 km pour les cérémonies de la fête nationale. C'est une cérémonie avec les élèves des écoles en uniforme. On est tout de suite repéré car on est les seuls touristes. On est abordé par une jeune enseignante Mansia, qui est la seule à parler anglais. On assiste à la remise de récompenses pour les élèves et les professeurs méritants, entrecoupée par des danses et des chants traditionnels mais aussi une démonstration de disco qui remporte un franc succès auprès des jeunes mais aussi des adultes; On se trouve assis au milieu des officiels et des professeurs. A la fin de la représentation, on est invité au repas où Jean-Jacques a failli succomber par absorption d'une trop grande quantité de sauce pimentée. Maumere

Quelques pêcheurs curieux nous rejoignent Journée  sur un bateau de pêche : on sourit doucement à propos des recommandations du Lonely Planet concernant la sécurité : pas de gilet de sauvetage et on se demande comment cette coquille de noix peut affronter la mer et pourtant ...Le capitaine et son second ne parlent pas anglais mais le rire étant universel, on va partager de bons moments ; notamment au 1er spot de plongée qui n'est pas grandiose mais cela fait du bien de se rafraîchir ; au moment de descendre dans l'eau, on s'aperçoit qu'il n'y a pas d'échelle ; on pressent une difficulté pour remonter : même Jean-Jacques peine, alors imaginez-moi ! Les 2 pêcheurs essaient de me hisser, en vain ; forcément, ils ne font pas le poids ; je me vois déjà, remorquée derrière le  bateau ; alors j'éclate de rire et c'est comme un signal, ils sont morts de rire. Finalement, ils sortent une corde, ça y est j'ai droit au remorquage ... mais non ! Ils la tendent pour me faire comme un marchepied ; après beaucoup d'efforts, je finis par réintégrer le bateau. Un peu plus tard, lorsqu'ils nous proposent un 2ème spot, on préfère aller directement sur Babi Island, littéralement, l’île du Cochon ; ils n’insistent pas. Pendant le pique-nique, on essaie de converser en indonésien, avec l’aide du lexique. Après la baignade, on rejoint le seul village de l’île. Ce sont des pêcheurs qui sont assez méfiants  et qui vivent dans un grand dénuement, surtout depuis le tsunami de 1992 ; le capitaine nous invite à laisser une obole au chef du village. Quelques pêcheurs curieux nous rejoignent ; arrive la question de notre profession ; lorsque JJ dit que je suis « guru » (prononcer gourou ) , à la vitesse où le capitaine s’écarte de moi, il pense qu’il s’est trompé de terme, mais en fait cela traduisait le haut respect qu’ils portent aux enseignants ; pendant un moment, ça a rompu l’ambiance bon enfant qui régnait. l’île du Cochon

  Comme promis à Mansia, nous nous rendons dans son école, porter des cahiers et des stylos. On rentre dans sa salle de classe qu’elle partage avec une autre collègue. C’est très sommaire ; quand je compare avec mes conditions de travail, c’est un autre monde. Ici, cohabitent des enseignantes musulmanes voilées et non-voilées. Par contre, ça doit marcher à la baguette, car elles en ont toutes une à la main !

  Notre séjour sur Flores se termine ; il nous reste une semaine pour se poser à Bali avant notre retour en France.

RETOUR sur BALI le 20 aoùt

  Arrivés à l’aéroport, on prend un taxi pour Ubud : quels changements en 2 ans. On ne voit presque plus de voitures bringuebalantes, mais de grosses voitures (genre 4x4) climatisées et des boutiques en veux-tu en voilà ! Non seulement des souvenirs, mais des fringues de marque. A cette date, soit fin aoùt, on pensait que les touristes auraient déjà pris le chemin du retour ; que nenni ! C’est la cohue. Suite à l’attentat de juillet à Jakarta, beaucoup ont modifié leur destination et se sont retrouvés à Bali. Donc, l’offre et la demande ne sont plus les mêmes ; les prix ont flambé et vu l’affluence, on ne peut pas marchander. On se rend à la même homestay « Hibiscus » ; le manager me reconnait et se souvient même de la chambre que l’on avait ; c’est assez époustouflant vu le nombre de touristes qu’il croise. Dommage, c’est complet !

Bali0  On part en excursion à vélo ; ce qui permet de nous écarter un peu d’Ubud et de retrouver un peu plus d’authenticité ; ça fait du bien car c’est ce que l’on avait apprécié à Flores. On utilise aussi un bémo pour aller à Celuk, le village des fabricants de bijoux en argent ; il faut dire qu’ici, chaque village à sa spécialité : sculpteurs sur bois, potiers etc…Jean-Jacques comme d’habitude a voulu marchander le prix du bemo ; je ne vous conseille pas sa méthode, elle n’est pas fiable. Le prix annoncé était de 30 000RP ( ce n’est pas le prix normal ) ; pour être plus convainquant, il négocie en indonésien ; seulement, il se trompe de mot et en fait il augmente le prix : il dit 50 000 au lieu de 15 000RP ; ça amuse tellement le chauffeur que du coup, il tape sur l’épaule de JJ en lui disant OK pour 15 000RP.

  On loue les services d’un chauffeur pour une excursion à la journée ; direction le nord, on admire un temple, qui se dresse sur un lac de cratère : le cadre est superbe et vaut vraiment le détour. Ensuite on s’arrête à une forêt de singes ; en fait ce qui nous intéresse, c’est qu’il y a des chauves-souris géantes comme à Flores et que l’on peut en porter une apprivoisée afin de se rendre compte de l’envergure de ces bestioles. Puis cap sur l’incontournable temple Tanah lot  et son coucher de soleil sur la mer bien que notre chauffeur qui voudrait écourter essaie de nous persuader que les nuages seront de la partie. Alors là, c’est le Mont Saint-Michel avec sa multitude de stands de souvenirs de toutes sortes, et la foule composée essentiellement de japonais ( ce sont eux qui ont financé la restauration du site ). Ici tout est bon pour faire du fric. La balade sur les falaises est agréable mais franchement le coucher de soleil c’est  Un temple, qui se dresse sur un lac de cratère

  Il nous reste 4 jours, on décide de les passer à Padangbaï que l’on avait tant apprécié il y a 2 ans ; là aussi, que de changements ! Alors que c’était juste le point d’embarquement pour les ferry vers Lombok, c’est devenue une vraie station balnéaire avec la prolifération des clubs de plongée. Les touristes ont changé aussi, moins routards, moins jeunes. La plage devant les hôtels est nettoyée. Les prix ont flambé : le prix de la même chambre, à la même période a été multiplié par 5 ; et pas question de marchander, ils ont la clientèle assurée.

  On va sur la plage de sable blanc et là horreur ! Un investisseur a entrepris la construction d’un grand complexe hôtelier ; les bulldozers ont massacré la colline, rasé la forêt mais  les travaux sont arrêtés depuis un an. Quel gâchis ! La petite plage, en attendant d’être privée, est toujours là, sous les cocotiers et les warungs qui avaient été chassés se sont réinstallés provisoirement. Jean-Jacques se laissent convaincre pour se faire faire un massage : c’est à marquer dans les annales ! Mais il n’apprécie même pas. Dommage ! Ou plutôt tant mieux, c’est moi désormais qui en profiterai ! Le soir, au resto, on retrouve le cannois que l’on avait rencontré 2 ans auparavant.

  On a encore des choses à découvrir dans les environs. On hésite pour louer une motobike ; on se dit que ce serait idiot de prendre le risque d’avoir un accident 3 jours avant le retour ; alors on part en bemo jusqu’à Ahmed, village de pêcheurs situé un peu plus au nord. On découvre une immense plage de sable noir où il fait très chaud. Mais on n’a pas à se plaindre ; des femmes font la navette entre la mer et des marais salants, transportant des seaux d’eau et marchant dans le sable. On retrouve l’ambiance bon enfant qu’il pouvait y avoir à Padangbaï.

CONCLUSION

  Pendant ce voyage, on a eu notre dose d’avions : 9 décollages, 9 atterrissages dont 5 vols avec des compagnies locales sur liste noire ; quelle idée, direz-vous ! Avec les ferry, cela prend trop de temps et puis il faut avoir confiance en sa bonne étoile ! Après Bali l’hindouiste, Lombok la musulmane, nous avons découvert un autre visage de l’Indonésie. Avec cette île qui découvre le tourisme depuis relativement peu de temps, nous avons apprécié les rencontres avec la population ; il y a une curiosité réciproque qui n’est pas encore trop assujettie au marchandage. Nous ramenons dans nos bagages des visages, des fous-rires et des fonds marins fabuleux.


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