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Pérou et Bolivie 2008

Août 2008

C'était prévisible, ça y est, nous l'avons contracté. Quoi donc ? Le virus. Lequel ? Ho, pas celui de la grippe, mais celui du voyage !

Le PEROU et la magie du Machu Picchu

 

Après le continent asiatique, ce sera l'Amérique du sud ; enfin plus modestement, le Pérou et une incursion en Bolivie. Nous étions adolescents dans les années 68 et nous avons été bercés par les flûtes de Pan, le charango de Los Incas et son célèbre El condor pasa ; plus tard, avec les enfants, nous avons suivi les aventures de Esteban, Tao et Zia dans les mystérieuses cités d'or (série télévisée des années 1982). Donc, en route pour la découverte de la civilisation Inca.

LE DEPART : 1er août

En fait, je ne me sens pas vraiment prête pour ce voyage ( la suite me le confirmera ) et j'en connais entre autres la raison. Notre fils n'est rentré de son périple du tour du monde que depuis 4 jours, après 11mois d'absence ; forcément je suis frustrée ; mais de toute façon, son passage à Bourg est de courte durée, il faut bien qu'il retourne au "boulot"  et JJ a raison, à notre tour de profiter. Et c'est lui qui nous dépose en gare de la Part-Dieu à Lyon sous une pluie battante.
A l'aéroport Charles de Gaulle, lors de l'enregistrement de nos bagages, on se trouve confrontés aux mesures de sécurité de l'Américan Airline. A l'heure prévue de l'embarquement, on s'étonne de voir aussi peu de gens se rassembler  avant de réaliser que l'on s'est trompé de porte d'embarquement : petit coup de stress. Pour ce vol, l'Américan Airline, ce n'est pas la classe des Emirates : pas d'écran personnel pour passer le temps, et en plus l'avion est bruyant (boeing 767) pour 7h 30 de vol jusqu'à New-York. Même en transit, on a droit à un contrôle très strict : empreintes digitales, contrôle visage avec une caméra et ils nous font même poser les chaussures. Après 7 heures de vol, nous arrivons à Lima ... et il manque le sac à dos de Jean-Jacques ; ce qui est rassurant c'est que ce n'est pas le seul, apparemment, tout un container n'a pas été acheminé à la bonne destination. Donc il faut faire une déclaration ; nous ne comprenons pas l'espagnol, et  après les heures de voyages accumulées, avec la fatigue  et la contrariété, je ne comprends même plus l'anglais. Heureusement, un québécois complaisant m'aide dans ces démarches administratives. Comme on avait réservé un vol pour Cuzco dans la foulée, on décide de ne rien changer et on donne l'adresse de la guesthouse que l'on a réservée pour la première nuit afin de faire suivre notre sac. J'en soupçonne parmi vous qui sourient : hé oui, on est optimiste!

Carte de notre parcours du Perou à la Bolivie

Flûte des Andes : La quena (qina en quéchua), kena, est une flûte droite utilisée dans les pays andins depuis l'époque Chavin au Pérou, il y a plus de deux mille ans.

 Musique: flûte des Andes (Quena ou kena)

CUZCO : une arrivée mouvementée

perou01A l'aéroport de Cuzco 3320m d'altitude (cela a son importance pour la suite), on est accueilli par des musiciens,  en costume, qui jouent de la musique traditionnelle ; ça réconforte ! On prend un taxi ;perou02 il nous dépose sur la place San Blas, d'où à pied l'on doit monter  la colline de Cuzco pour atteindre notre hébergement (sur internet, on ne se rend pas compte de la configuration des lieux !) Jean-Jacques qui a pourtant une bonne condition physique se sent serré à la poitrine ; moi, je fanfaronne, il est vrai que je ne porte pas de gros sac, Jean-Jacques s'est chargé du mien puisque le sien joue les filles de l'air. Mais subitement, j'ai juste le temps de dire que je ne me sens pas bien et je perds connaissance. Aïe Aïe ! Jean-Jacques prend un coup de stress ; il se voit veuf, à l'autre bout du monde ; que va-t-il dire à sa petite-fille Léa ? Il a entraîné sa mamie dans une aventure sans retour ! Alors, pour la première fois de sa vie, il me gifle ! Quel prétexte ! Finalement je reviens à moi, à son grand soulagement ! Il me laisse récupérer et va repérer la guesthouse ; vu ce qu'il y a encore à monter, il redescend chercher un hôtel mieux situé. On s'installe à l'Amaru Hostal II agréable mais beaucoup plus cher (39 dollars au lieu de 15) ; compte-tenu des circonstances on n'a pas le choix. Pour pallier le manque d'oxygène   On décide de faire une petite sieste, mais épuisés, on ne se lèvera même pas pour le dîner.

 Le lendemain, on change d'hôtel, car il n'y avait qu'une nuit de libre, on se retrouve au Mallqui Hostel un peu moins cher (29 dollars) car excentré. On a demandé à la réceptionniste de contacter l'hôtel initialement prévu, pour nous informer s'ils ont des nouvelles de notre sac. On va faire un repérage vers la plazza de Armas ; on découvre les 2 visages du Pérou ; le Pérou traditionnel avec les femmes portant jupons, bas en laine, tresses et chapeau, et le Pérou moderne ; on voit aussi beaucoup de misère ;  on trouve aussi la présence policière importante : c'est à la fois rassurant et inquiétant. Alors que je me remets doucement, c'est au tour de Jean-Jacques de subir le mal des montagnes : maux de tête, plus de force ni d'appétit et toujours aucune nouvelle du sac ; bien sûr, on n'est pas au fin fond de la brousse, on peut racheter des choses mais  on s'était bien équipé en fonction de l'altitude, vêtements appropriés etc ... mais comme dit Jean-Jacques il vaut mieux que ce soit le sien plutôt que le mien, car moi je tiens à mes petites affaires !

perou044 août : c'est mon anniversaire ! Avec tous ces événements, Jean-Jacques n'y a pas pensé ; c'est la réceptionniste de l'hôtel qui me l'a souhaité (renseignements du registre hôtelier) : c'est sympa !  On décide de prendre le taureau par les cornes ; on se rend à l'aéroport de Cuzco ; heureusement, on tombe sur une hôtesse qui parle Français ; ça aide  ; elle nous annonce que le sac nous attend à Lima ; elle fait le nécessaire pour que nous l'ayons le soir même à l'hôtel (je suis très sceptique). Effectivement, au retour du dîner il est arrivé ; c'est un beau cadeau d'anniversaire car ça me contrariait vraiment ; nous allons pouvoir envisager la poursuite de notre voyage, surtout que l'on s'est adapté à l'altitude , efficacité des feuilles de coca  ou plutôt Diamox pour Jean-Jacques ?

La feuille de coca compte de nombreuses espèces et variétés. Elle est utilisée depuis plus de 5000 ans par les civilisations précolombiennes et fait partie intégrante de leur civilisation. Production agricole à part entière, elle intègre leur pharmacopée ancestrale, leurs rituels sociaux et religieux, encore aujourd'hui... Les légendes Incas rapportent d'ailleurs que le Dieu Soleil créa la Coca pour étancher la soif, éteindre la faim et faire oublier la fatigue aux hommes. Les Indiens aymaras, dont la civilisation s'est épanouie dans la région du lac Titicaca avant l'arrivée des Incas, lui ont donné le nom de khoka , qui signifie "l'arbre par excellence".

En route pour la vallée sacrée : OLLANTAYTAMBO

OLLANTAYTAMBO Avant notre départ en bus, on passe à la gare réserver un train pour le Machu Pichu ; on nous avait recommandé de le faire de France pour être sûr d'avoir de la place, n'y étant pas arrivé, on s'en remet à notre bonne étoile.perou25 Beaucoup d'affluence, on nous remet un ticket de passage et on s'apprête à patienter plusieurs heures, mais à notre grande surprise, on est appelé au guichet au bout d'un quart d'heure à peine et on arrive à avoir un billet pour 3 jours plus tard ; pour information, les touristes sont prioritaires, car ils apportent des devises (c'est scandaleux pour les péruviens qui attendent). Il y a plusieurs options  pour atteindre le Machu Pichu,  en bus,  à pieds ; étant donné notre forme, l'option train est la plus raisonnable même si c'est la plus onéreuse (2 A.R pour 141 dollars). Gare des bus, on est les seuls européens dans le bus ; on traverse la banlieue de Cuzco où l'on aperçoit beaucoup de pauvreté. on atteint la vallée sacrée et les paysages sont magnifiques, beaucoup de cultures et de forêts. Les maisons sont construites en torchis (briques de terre), c'est pour cela qu'elles se fondent dans le paysage. A Urubamba, on prend un collectivo (équivalent des bémos en Indonésie).

On arrive à Ollantaytambo 2800 m d'altitude (on se sent mieux) c'est un petit village surplombé de ruines Incas  : c'est superbe. On a trouvé un hébergement coup de coeur Chaska Wasi pour 20 soles = 5 €, c'est basique, la propriétaire est très cool ; de notre chambre, on a une vue imprenable sur les ruines. Beaucoup de voyageurs font les excursions de la vallée sacrée à partir de Cuzco ; nous, on a préféré rayonner à partir d'Ollantaytambo ; c'est moins cher et on est plus au contact de la population. Après le départ des cars touristiques, le village retrouve sa quiétude et sur la plazza de armas, on rencontre les habitants : en particulier, un jeune couple de peintres avec leur bébé.

Les salinas

perou16Les salines de Maras sont constituées de nombreux bassins en terrasses permettant chaque année la récolte de sel. Les bassins sont alimentés par de petites canalisations reliées à une source d'eau chargée de sel gemme. L'exploitation date du temps des Incas.perou22

Nous partons à pied de Tarabamba car notre objectif n'est pas de faire le maximum de sites en un minimum de temps mais de prendre le temps de la découverte ; le départ est raide, mais le sentier est agréable ; on ne croisera que des autochtones. Le sentier arrive en surplomb des marais salants dont les couleurs varient selon la lumière ; on ne se lasserait pas de faire des photos (vive le numérique !) On poursuit notre périple jusqu'à Maras, petit village très rustique. De Là nous prenons un collectivo pour nous rendre aux terrasses de Moray, laboratoire agricole grandeur nature crée par les incas. La dimension du site est impressionnante ; une atmosphère particulière y règne ; en effet, un chaman fait un rituel en psalmodiant des incantations.

Moray est un ancien centre de recherche agricole inca situé dans la Vallée sacrée des Andes, à 3500m au-dessus du niveau de la mer. Le site se présente comme un amphithéâtre principal et de deux secondaires, plus petits à proximité. En fait il s'agissait d'un centre de recherche agricole inca où étaient pratiquées des expériences de culture.La position des terrasses crée toute une série de microclimats : la température est plus élevée au centre mais diminue ensuite en fonction de la distance de chaque terrasse. Cela permet de simuler une vingtaine de microclimats différents..

Découverte du MACHU PICCHU

perou33Après 1h30 de trajet en pérurail, dans des gorges spectaculaires, on arrive à Agua Calientes ;perou29 même si on était briffé par le Lonely Planète, on découvre une ville fabriquée de toutes pièces pour le tourisme : vraiment "moche" au niveau architectural, des constructions abracadabrantes où hôtels, restaurants et boutiques se succèdent. Les hôtels sont complets, finalement on en trouve un, plus que basique, au dessus de la voie ferrée (pour une nuit, ça ira) Un procédé scandaleux que je dénonce : on s'installe à une terrasse avec des lyonnais de rencontre ; le serveur nous prend pour des pigeons 1litre de bière 12 soles+14 soles de taxes ; comme on conteste, il renonce. Conseil : à la commande, précisez que vous ne paierez pas les taxes, ils comprendront que vous êtes avertis. Le soir, on s'est laissé tenter par un restaurant "chez Félix" recommandé par notre fils : repas gastronomique garanti !

La ville sacrée Machu Picchu, oubliée pendant des siècles, est considérée comme une œuvre maîtresse de l’architecture inca. Elle fut dévoilée au monde en 1911 par l’archéologue américain Hiram Bingham.

Motivés : debout à 4h du matin pour prendre le bus (on peut aussi monter  à pieds) pour la cité incas ; en fait, si on veut faire l'ascension du Wayna Picchu (pic qui surplombe le site), il faut être dans les 300 premiers à 7h au guichet . J'ai quand même hésité, car c'est hard puis je me suis dit que je mettrai le temps qu'il faudrait ; ce qui m'a consolée, c'est que j'ai vu des jeunes qui soufflaient bien autant que moi ; on grimpe dans le brouillard, puis la pluie s'invite ; c'est décevant quand on pense au panorama des cartes postales . Alors, optimistes, on décide d'attendre une évolution du temps. Finalement, les masses de nuages dévoilent par intermittence le paysage et le site et c'est MAGIQUE ! Au final, on est resté 5h mais ça valait le coup ; quand même, j'avais attendu 54 ans pour voir ce panorama ! Ensuite, on est redescendu parcourir la cité incas sous le soleil : c'est majestueux et il y règne une singulière sérénité ! On admire le formidable travail de restauration et on estime que le prix d'entrée, même s'il est cher, est justifié ( 122 soles = 30 €) . On regagne Ollantaytambo émerveillés.

PISAC et son marché

perou38Très prisé des tours-opérators et des touristes en général. En fait 2 marchés se côtoient : le marché traditionnel alimentaire, très typique par les produits proposés, les paysans en costumes traditionnels et les étals de restauration. le marché pour les touristes où des dizaines de stands proposent les mêmes souvenirs made in Asia. Une anecdote : dans le bus, je vois dépasser un manche de charango du sac d'une dame qui me dit que c'est son fils (≈10 ans ) qui en joue ; timidement, il en tire quelques notes et on voit que certaines cordes sont cassées ; avant de descendre du bus, on lui donne une pièce en lui disant "por reperar las cuerdas y tojar" . Au hasard de nos déambulations dans la ville, on retrouve  dans un magasin de musique, l'enfant qui avait fait changer ses cordes et qui était radieux. Hé bien cela nous a fait chaud au cœur.

Le charango est un instrument de musique; inspiré de la guitare et originaire de Bolivie. Les premiers charangos étaient construits en utilisant une carapace de tatous. Cette pratique se poursuit bien que certaines races de tatous soient protégées. Cependant, l'utilisation du bois pour la caisse de résonance est de plus en plus fréquente.

On quitte Ollantaytambo et la vallée sacrée ; retour à Cuzco où notre meilleure forme nous permet de visiter la ville :  la cathédrale, le musée Incas avec une exposition de courges gravées et une exposition de tissage traditionnel ; on a pu admirer aussi un péruvien tricotant un bonnet avec une technique particulière en ce qui concerne le passage de la laine ( hé oui ce sont les hommes qui tricotent en gardant les troupeaux )

Le trajet Cuzco-Arequipa mérite un paragraphe

On avait pris la précaution de réserver notre billet dans une agence réputée (Florès) pour être assurés d'avoir un bus confortable et "sûr" en raison des 11 heures de trajet : en fait, ils ont sous-traité avec une autre agence (Civa) et on voit tout de suite que le bus ne sera pas "touristico" ; on ne se trompe pas, c'est un service régulier dans un réel état de délabrement . Même si Jean-Jacques joue le décontracté, moi je suis très inquiète,  compte-tenu des mises en garde du Lonely-Planète ; je le suis encore plus  lorsqu'à un arrêt,  j'aperçois la première page d'un journal qui relate un accident de car qui a provoqué plusieurs morts ; j'achète le journal et je m'aperçois que c'est un car de la même compagnie ; bon d'accord, il n'était pas en cause mais avouez que ce n'était pas rassurant ! D'ailleurs sur le bord des routes, dans les grands virages qui bordent les ravins, on peut voir des croix et des mini chapelles en souvenir de ceux qui sont morts accidentellement    (comme en Grèce), de quoi vraiment stresser ! 11 heures de trajet, sans halte, sauf pour permettre aux gens de descendre ou de monter ; pas d'arrêt pipi, il y a ce qu'il faut dans le bus ; hé bien pas question, Jean-Jacques ayant testé les toilettes, je descends quand même du bus à un arrêt. Ce n'est pas le paysage qui fait passer le temps : plus de 550 km de paysages désertiques, émaillés de maisons isolées ou de petits pueblos qui font penser aux villages de chercheurs d'or des films américains (mais pas d'or ici) , des troupeaux de moutons ou d'alpagas. On passe des cols à plus de 5000 m . La monotonie du trajet est interrompue par des vendeurs qui viennent proposer leurs marchandises : pains, semoule de maïs enveloppée dans des feuilles, etc... On finira par arriver à Arequipa à mon grand soulagement.

AREQUIPA 2350m d'altitude

perou08C'est une ville très occidentalisée ; à vrai dire, on se croirait en Espagne ; on ne voit personne en costume traditionnel, une multitude de taxis qui parcourent la ville à un prix très compétitif, même par rapport aux bus et aux collectivos,perou47 mais aussi une forte présence policière dans les quartiers touristiques (sans doute pour dissuader les voleurs mais aussi préparation de la fête nationale du 14 août).

Monasterio San-Catalina : une ville dans la ville avec ses ruelles, ses murs aux teintes naturelles ocres et bleues ; un endroit propice à la méditation et aux photos.

Encore une adresse de resto indiquée par Philippe "Chicharroneria Cecilia" où comme son nom l'indique on peut déguster des chicharron (morceaux de porc grillés) ; déguster n'est pas vraiment le mot, je devrai dire s'empiffrer car les portions sont pantagruéliques (avis aux amateurs) et bon marché (26 soles≈6€ l'assiette pour 2) dans une ambiance festive ; les péruviens viennent ici en famille ; d'ailleurs, ils sont très organisés ; comme ils savent qu'ils ne pourront pas tout manger, ils emportent des sacs plastiques. A la sortie, on flâne un peu dans le quartier, histoire de faciliter la digestion, mais ce n'est pas du goût d'un policier qui nous met en garde par rapport aux vols de sac à dos et d'appareil photo et finalement nous conduit à un taxi : il préfère nous savoir en centre-ville sécurisé plutôt que d'avoir des problèmes sur son secteur.

Nous zappons la commémoration du 500 ème anniversaire de l'indépendance car j'ai une "tourista record" ; c'est dommage car il y avait de nombreuses festivités, mais je suis complètement flagada . Heureusement que l'on avait prévu de rester quelques jours, ça me permet de récupérer un peu ; alors on se pose sur la Plazza de Armas où l'on observe les Arequipeños: les petits vendeurs de verre de geletaria (je ne goûterai pas !) , de bonbons, gâteaux et graines pour nourrir les pigeons ( on se croirait à Venise) les familles qui posent pour les photographes professionnels (l'appareil photo familial est très rare ...ça ne durera pas).

CABANACONDE 3290m et le cañon del Colca

perou57Donc, après quelques hésitations pour entreprendre ce circuit ( je ne suis vraiment pas en forme ), nous partons pour un trajet de 220km, 6 h de bus dont 2h de piste ; on découvre les émissions de télé de "Scarries movies" ; c'est vraiment à ras les Le condor des andespâquerettes mais ça les amuse beaucoup dans le bus, moi je me cramponne. On traverse des villages Moyenâgeux et à la nuit tombée, on arrive à Cabanaconde. Après Arequipa, c'est un autre monde. A part la place, les rues sont à l'état brut ; c'est l'heure où tous les paysans reviennent des champs avec bœufs, chevaux, moutons, etc.... On cherche la guesthouse Valle del Fuego (une pancarte indique le coin des français, en fait il n'y a que nous); on pousse la porte, et là on se prend pour "les visiteurs du temps" ; une salle sombre, éclairée par des bougies, on se croirait dans le film "le seigneur des anneaux", dans l'auberge où Gandalf donne rendez-vous aux Hobbits, sauf que c'est moins animé. Un feu de cheminée essaie de réchauffer la pièce ; ce qui est très difficile car il y a des trous partout mais il y a ... la TELE ; d'ailleurs on regardera des matchs de foot ; ce qui ne nous passionne pas mais il faut bien passer le temps vu qu'à 18h il fait nuit et que dans la chambre c'est vraiment tristounet. Après le premier effet de surprise, on aimera cette ambiance particulière.

Cabanaconde est le point de départ pour un trek dans le cañon del Colca ; en ce qui nous concerne, on renonce ; je pourrais descendre, mais je me sens incapable de remonter 1100m de dénivelé, à cette altitude et compte-tenu de ma méforme. Dommage car les paysages sont grandioses. On reste donc sur le plateau et on se rend en bus à la Cruz del Condor : c'est un site très touristique car le matin on peut admirer le vol majestueux des condors ; on en prend plein les yeux. L'objectif est d'essayer de les photographier et ce qui est comique ce sont les mines désappointées des photographes regardant leurs photos sur lesquelles on voit, au mieux un bout d'aile,ou un ciel vide. Au retour, à pieds, dans la poussière et sous un soleil de plomb, au milieu de nulle part, on découvre  les villageois en train de labourer leurs champs en costume traditionnel, en famille et entre voisins :  une vraie scène de vie rurale très chaleureuse .

Retour à Arequipa où on retrouve la ville et son animation.

PUNO 3820 m. d'altitude et le lac Titicaca

perou63Encore un bus, mais cette fois Jean-Jacques prend pitié de moi : bus touristique de la Cruz del Sur avec hôtesse, en-cas et un bon film ; mais en fin de compte, la climatisation est glaciale, les touristes sont tous blêmes et ce n'est vraiment pas pittoresque mais bon Les îles Urosun peu de confort ne nuit pas !

On arrive à Puno et on découvre un petit morceau du lac Titicaca (ce mot m'a toujours amusée) ; quel bonheur de se trouver au bord de l'eau après les étendues désertiques que l'on a traversées, respirer comme un air marin, voir des bateaux. Ici on découvre un nouveau mode de transport, les motos-taxis et les vélos-taxis que l'on admire, vu les rues en pente et l'altitude : moi, même sans passager je n'arriverai pas à grimper.

Les îles Uros : A voir ou à zapper, les avis sont très partagés ; il est vrai que ces îles font partie de la tradition Aymara mais c'est devenu une attraction pour touristes et il n'y a rien d'authentique ; c'est un peu Eurodysney donc il faut être averti et le faire en connaissance de cause : les différents stands d'artisanat, la traversée en  bateau traditionnel .

BOLIVIE : Copacabana 3800m d'altitude

bolivie013Le passage de la frontière se fait à pied ; le car nous pose à Huayno pour les formalités de sortie du territoire péruvien et pour le change puis on se rend au bureau de l'immigration et on remonte dans le car côté bolivien . On arrive à Copacabana (ne pas confondre avec la célèbre plage du Brésil), c'est une petite bourgade où se dressent de nombreux hôtels ; c'est la station balnéaire des habitants fortunés de La Paz et c'est aussi un lieu de pélerinage avec la cathédrale de la virgen de Candelaria.

On monte à l'hôtel de "La Cupula" ; c'est vrai, on a changé de catégorie mais mes problèmes intestinaux persistent et j'ai le moral dans les chaussettes, alors Jean-Jacques me ménage . On a une vue imprenable sur la baie ; on se croirait au bord de la mer alors qu'on est au bord d'un lac (je suis vraiment ébahie par l'immensité de ce lac). Le soir, au resto, on retrouve un couple de jeunes irlandais rencontrés à Puno et on partage une fondue au chocolat avec des fruits ; comme dit Philippe, si le chocolat est bolivien et les fruits aussi, c'est un mets typiquement bolivien !

L'Isla del Sol : ce serait le berceau du dieu soleil et des premiers incas

Après 2h30 de traversée, le bateau nous pose au nord de l'ïle ; notre objectif est de randonner du nord au sud par le chemin de l'Inca sur les crêtes où l'on découvre des ruines incas ; 3 péages sont exigés le long du parcours . L'objectif est d'arriver à temps pour le retour du bateau ; de toute façon, il est possible de coucher sur l'île ; randonner ici est très déroutant, car on a l'impression d'être au bord de la mer et on a du mal à respirer; il faut bien réaliser que l'on randonne à 4000m d'altitude et que c'est normal d'être rapidement asphyxié ; ce fut une superbe rando avec vue sur le lac et la cordillère Réal enneigée. On arrive juste à temps pour le bateau.

bolivie003Le week-end, une myriade de pèlerins envahissent la place de la cathédrale pour la bénédiction des véhicules : tradition très festive et colorée ; chaque propriétaire décore son véhicule puis ouvre le capot ; le prêtre prie devant le moteur puis le bénit en l'aspergeant abondamment ainsi que tous les membres de la famille ; ensuite photos, arrosage de la voiture avec de la bière ou du mousseux (selon les moyens de chacun) , pétards et congratulations Même si le prêtre prend une obole, ça revient moins cher qu'une assurance et ils ont bien besoin de la protection de la vierge pour conduire leur véhicule après les beuveries sur la plage, qui est beaucoup plus animée qu'en semaine ; néanmoins, les boliviens ne se baignent pas, ce n'est pas encore à la mode, mais ils adorent faire du pédalo (très typique) . Cette cérémonie est l'occasion de voir les cholitas en costume traditionnel et l'on passe plusieurs heures à observer la vie bolivienne. J'ai fait l'acquisition d'une "agolla" (tissu pour porter les enfants et les marchandises) ; j'ai sollicité une bolivienne pour la mise en place de ce tissu ; ça a beaucoup amusé les autochtones de voir une "gringuette" affublée de ce tissu; ils m'ont dit qu'il ne me manquait que la jupe et les jupons : c'était une bonne occasion de créer le contact. Ce qui nous a frappé aussi, c'est la ferveur des gens dans la cathédrale ; c'est vraiment un lieu de vie ( pas comme dans nos églises où tout est figé ) ; les familles viennent au complet, on rentre et on sort quand bon nous semble pendant la messe ; les mamans y donnent le sein à leurs enfants sans choquer personne . On a même assisté à un mariage et la cérémonie était animée par 2 guitaristes-chanteurs dans le style de la Missa Criola, c'était sublime !

La Paz 3660m

bolivie023On rejoint la capitale car c'est là que notre périple prend fin ; en effet on ne souhaitait pas retourner à Lima, d'où un court séjour en Bolivie qui ne nous permettra pas d'explorer ce territoire. 4heures de bus dont un passage sur l'eau pour traverser un isthme : le bus sur une barge et les passagers sur un bateau à moteur. On arrive à La Paz par le haut et les bidonvilles; c'est vraiment impressionnant ; La Paz  Marché aux sorcièresle bus nous dépose dans le quartier d'El Alto ; pas de taxis en vue,et on est un peu paumé ; on s'adresse à des policiers qui s'empressent de nous trouver un taxi ; ils lui demandent sa carte professionnelle et notent ses coordonnés  (risque de kidnapping oblige), ce qu'il n'a pas l'air d'apprécier car ils ont négocié le prix de la course pour nous. Du coup, il voudrait bien nous emmener à l'hôtel de son choix pour recevoir un bakchich en compensation mais on ne se laisse pas manipuler et il renonce.

bolivie024Le quartier Del Alto : c'est le quartier indien qui domine toute La Paz. En taxi, mission impossible, soit ils ne veulent pas comprendre, soit ils nous emmènent n'importe où ; alors on prend un microbus ; très étonnant, la criée : une personne à bord harangue les passants en indiquant la direction et le prix de la course ; vu le nombre de véhicules, c'est une vraie cacophonie . Là-haut, on a une vue imprenable sur la capitale et on est les seuls touristes  sur le marché. On redescend sans encombre et on parcourt le centre touristique avec ses boutiques, le marché aux sorcières (fœtus de lama séchés, herbes et préparations diverses). On est sollicité par les cireurs de chaussures cagoulés pour ne pas être reconnus car c'est un métier dégradant ; ils se sont adaptés aux baskets. On voit aussi des écrivains publics devant leur machine à écrire.Bus à La Paz

Un matin, en route pour la quartier colonial et ses musées, on passe sur une place encombrée de journalistes et de caméramans ainsi qu'une poignée de manifestants : une cholitas, voyant des occidentaux, viendra même me prendre à témoin (j'ai vraiment regretté de ne pas comprendre l'espagnol) ; renseignements pris, ils attendent la sortie du président Evo Morales ; on décide de jouer les observateurs ; un peu plus tard le vice-président sort et entraîne tout ce petit monde pour une conférence de presse ; pendant ce temps, le président sort en catimini et on est aux premières loges.

Cette ville est surprenante par la mixité des 2 cultures  indiennes et hispaniques et la multitude des petits métiers.

On part de l'aéroport situé à plus de 4000m d'altitude ; on a un retour compliqué : une tornade sur Cuba oblige l'avion à un contournement ; la correspondance à Miami est compromise mais finalement on l'aura de justesse après une course dans l'aéroport ; à l'escale de Londres, nos 2 sacs sont portés absents .  A notre arrivée à Lyon, alors que l'on s'apprêtait à remplir les formulaires de perte on a la surprise de voir nos sacs sur le tapis roulant... tout est bien qui finit bien.

CONCLUSION

  Comme vous avez pu le constater, ce fut pour moi, un voyage dur : l'altitude, les grandes distances en bus pourri, et la turista ; heureusement que l'on n'avait pas choisi cette destination pour notre premier voyage car je ne sais pas si je serais repartie.

  Malgré tout, je ne regrette pas d'avoir fait ce voyage car nous avons découvert une civilisation  que nous avions cru complètement disparue et des paysages à couper le souffle, au propre comme au figuré.

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